La dépression saisonnière

Chroniqueuse :

Jessica Houle
Bachelière en psychoéducation
Formatrice en Discipline positive

 

Novembre. Mois de grisaille, temps pluvieux, journées qui s’écourtent, manque de lumière, chute des températures. Il y a de quoi avoir le moral au plus bas!

 

Avec l’arrivée de l’automne, les jours plus sombres bouleversent bien des gens. En effet, environ 15 à 25 % d’entre nous ressentent des changements, entre autres, sur les plans suivants : l’énergie, le sommeil, l’humeur et l’appétit, et ce, à des degrés différents.

 

Savez-vous ce qu’est la dépression saisonnière?

Au Canada, on estime qu’environ 2 à 3 % de la population souffre de dépression saisonnière, que l’on appelle aussi trouble affectif saisonnier. Ce trouble apparaît toujours au même moment à chaque année, généralement à la fin du mois d’octobre, pour prendre fin vers le mois de mai ou juin, avec le retour des journées plus longues et davantage ensoleillées. Pour parler de dépression saisonnière, les symptômes doivent être présents au moins pendant deux hivers de suite et cesser complètement à l’été.

Ce problème touche davantage les femmes, et ce dans 70 à 80 %. La plupart d’entre elles sont dans la trentaine. Les enfants et les adolescents ne sont pas à l’abri de ce mal; quelques cas ont été rapportés (dans une plus faible proportion heureusement!).

 

Quels sont les symptômes de ce trouble affectif saisonnier?

Les symptômes de ce type de dépression sont les mêmes que ceux d’une dépression classique. On observe notamment un manque d’énergie et d’intérêt pour vaquer à nos occupations habituelles, une fatigue chronique, une baisse de la concentration. On remarque également une hausse du temps de sommeil, une augmentation de l’appétit, une tendance à s’isoler, ainsi qu’une humeur dépressive quotidienne et persistante presque tous les jours. Il est aussi à noter qu’une grande souffrance chez les personnes touchées peut même les conduire à des pensées suicidaires. D’où l’importance de rester attentif à notre état de santé durant cette période et de consulter un médecin au besoin et d’encourager nos proches à faire de même.

 

Que peut-on faire pour traverser ces moments difficiles?

La diminution du temps d’ensoleillement est considérée comme étant la principale cause de la dépression saisonnière. Si vous souffrez de blues hivernal, une simple promenade quotidienne peut faire la différence! Sortez le nez dehors de préférence en matinée pour profiter au maximum de la lumière du jour. Pourquoi ne pas profiter de votre temps de pause au travail pour bouger un peu? Ce n’est pas pour rien que de plus en plus de médecins prescrivent la marche et le sport à leurs patients!

La pratique d’un sport contribue également au maintien de notre santé. De fait, la libération de l’adrénaline et de l’endorphine aura un impact positif sur votre bonne humeur en plus de vous procurer davantage d’énergie.

La luminothérapie est une autre solution de plus en plus populaire. Cette thérapie par la lumière est toute simple! Il s’agit d’une lampe qui reproduit la lumière blanche naturelle du jour avec un filtre pour les rayons UV nocifs. Une période de 30 à 45 minutes par jour suffira à vous redonner la forme. Comme dans 60 à 90 % des cas, vous sentirez les bienfaits de ce traitement dans l’espace d’une semaine seulement. Il est toutefois conseillé de consulter d’abord un médecin avant de s’y mettre.

La psychothérapie peut s’avérer nécessaire pour traiter la dépression saisonnière. Plusieurs approches existent et celle de type cognitivo- comportementale serait la plus efficace à ce jour. Elle consiste à remettre en cause nos pensées négatives concernant les longs mois d’hiver et à encourager le changement de comportements. Des études démontrent que les apprentissages réalisés au cours de cette thérapie demeurent davantage à long terme, comparativement à ceux pour la luminothérapie. On remarque qu’une relation de confiance avec le thérapeute et le sentiment d’être réellement écouté et compris sont à la base de cette approche. Voici un beau cadeau à se faire pour prendre soin de soi!

Parfois, la médication peut aussi être envisageable pour soigner la dépression saisonnière. En effet, la prise d’antidépresseurs peut aider à se sentir mieux pour affronter cette période et démontre de bons résultats. Il est important d’être à l’écoute de son corps et de se montrer patient, car l’efficacité de ce traitement apparaît après plusieurs semaines ou même plusieurs mois.

Pour conclure, en plus de pouvoir faire une demande d’aide au service de Relation d’aide de la Maison de la famille de Sherbrooke pour rencontrer un de leurs intervenants, plusieurs lignes d’écoute téléphonique sont offertes gratuitement et en toute confidentialité. Que ce soit pour vous ou vos proches n’hésitez pas à aller chercher du soutien et des outils pour arriver à vous mettre en action. Parfois, un coup de pouce est nécessaire et peut être la solution gagnante!

Pour votre information, voici quelques ressources disponibles :

www.revivre.org

www.acetdq.org

www.centredecoute.com

http://www.ecoute-entraide.org

http://www.asmfmh.org

 

Au plaisir,

 

Jessica Houle

Bachelière en psychoéducation

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